Comment faire une lettre de motivation convaincante ? Fiche pratique
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| Book: | Comment faire une lettre de motivation convaincante ? Fiche pratique |
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| Date: | Thursday, 8 October 2026, 10:33 PM |
Description
C'est la première chose que le recruteur lira, il faut donc qu'elle soit impeccable : voici ce que doit comporter une lettre de motivation... qui vous donne l'air motivé(e) et motivant(e).
1. Rédiger sa lettre de motivation ?
Comment rédiger sa lettre de motivation ? (http://www.journaldunet.com/management/)
D'abord, il faut bien réaliser son importance : si le recruteur n'est pas tenté par votre lettre, il ne lira même pas votre CV. Il est donc primordial d'y passer du temps. Commencez par prendre une feuille de brouillon pour noter vos idées. C'est très scolaire, mais ça marche ! Demandez-vous :
- Pourquoi je contacte cette entreprise ?
- Qu'est-ce que je peux lui apporter ?
- En quoi est-ce que je corresponds au poste ?
Ensuite seulement, vous pourrez vous atteler à la rédaction.
Si vous avez l'intention de mettre en avant des informations sur l'entreprise - leur dire que leur développement à l'international vous intéresse, par exemple -, vérifiez bien vos sources et vos informations. Une petite erreur peut décrédibiliser votre candidature.
Enfin, si vous avez un point faible qui vous tracasse - par exemple, une longue interruption de carrière, plusieurs enfants si vous êtes une femme… - ne l'évoquez pas dans la lettre de motivation. Souvent, les candidats ont tendance à "se débarrasser" de leur problème en l'indiquant dans le début de la motivation, alors qu'il ne faut surtout pas mettre en avant ses handicaps. Il sera toujours temps de les évoquer plus tard, sur le CV ou lors de l'entretien d'embauche. Le mot d'ordre, c'est : soyez positif !
Que doit comporter une bonne lettre de motivation ?
Une bonne lettre de motivation se décompose en 4 paragraphes.
Le premier : la raison pour laquelle vous écrivez à l'entreprise. Indiquez la petite annonce à laquelle vous répondez, expliquez au besoin pourquoi vous envoyez une candidature spontanée, ou bien mentionnez votre contact dans l'entreprise s'il s'agit d'un ami qui vous a recommandé.
Dans le second paragraphe, indiquez votre parcours et insistez surtout sur ce que vous pourriez faire dans cette entreprise. Trop souvent, les candidats commettent l'erreur d'expliquer longuement pourquoi cela les intéresse de travailler pour l'entreprise, or ce qui intéresse vraiment l'employeur, c'est ce que vous pouvez lui apporter, pas l'inverse ! Sans tomber dans la vantardise, développez ce que vous avez réussi dans votre poste précédent, mettez en avant vos points forts, expliquez concrètement en quoi vos compétences pourraient être utiles… Bien sûr, cela n'empêche pas d'écrire que l'on serait heureux de faire partie de l'équipe et éventuellement de glisser quelques mots positifs sur l'entreprise elle-même.
Le troisième paragraphe est plus conventionnel, c'est l'endroit où vous évoquez le CV que vous joignez à la lettre et donnez les grandes lignes de votre carrière.
Enfin, le quatrième paragraphe conclut votre lettre, avec la classique formule de politesse. N'oubliez pas de préciser que vous êtes à la disposition du recruteur pour le rencontrer.
Et la forme ?
La longueur : une lettre, sauf cas exceptionnel, ne doit pas faire plus d'une page ; le recruteur y consacrera une minute, elle doit donc être claire et concise.
La présentation : pour faciliter la lecture toujours, faites une lettre aérée, aux paragraphes bien distincts. Ecrivez-la à la main si vous écrivez bien et si vous y tenez vraiment. En revanche, si vous n'avez pas une écriture très lisible, ne fatiguez pas le recruteur ; rédigez-la sur ordinateur. Cette question ne se pose même pas en cas de candidature par e-mail.
La formulation : le degré d'originalité que vous pouvez vous permettre dépendra de votre interlocuteur. Dans le milieu du spectacle, on peut se montrer plus libre que dans la banque, par exemple. Toutefois, et surtout si vous ne savez pas bien qui est la personne qui va vous lire, mieux vaut miser sur la sobriété.
2. La règle de 3 s'applique aussi à la lettre de motivation
Une bonne lettre de motivation se construit en trois parties :
- 1) pourquoi vous m'intéressez ;
- 2) ce que je peux vous apporter ;
- 3 ) ce que nous pouvons faire ensemble.
Nous vous conseillons de construire votre lettre en prévoyant trois paragraphes que l'on peut résumer par le triptyque VOUS-MOI-NOUS ou bien MOI-VOUS-NOUS :
- « Vous » : pourquoi vous m'intéressez
- « Moi » : ce que je peux vous apporter
- « Nous » : ce que nous pouvons faire ensemble
Ce sont les informations que tout recruteur souhaiterait trouver dans une lettre de motivation. Les deux premiers paragraphes peuvent être interchangés. Certains préfèreront parler d'eux avant que de parler de l'entreprise, il n'y a aucune règle imposée en la matière. L'essentiel étant de trouver les mots justes pour susciter la curiosité chez le lecteur dès les premières lignes.
Ciseler votre « attaque »
Dans le jargon journalistique, une introduction est encore appelée « accroche ». Et pour cause : elle n'a qu'un seul but, celui d'éveiller la curiosité du lecteur sur un fait divers, une affaire politique ou un match de foot. Il s'agit de dresser le décor, d'interpeller et de résumer en quelques phrases, l'intérêt de la chose, justifiant ainsi la raison d'être de l'article.
Si cette accroche est réussie, le lecteur aura envie de continuer sa lecture. Mais si elle est sans saveur, sans nervosité, avec des phrases longues comme des lundis de novembre pluvieux, le lecteur du journal passera à une autre page. Ou à un autre journal. L'introduction d'une lettre de motivation fonctionne exactement de la même manière. Et dans le cas d'une réponse à une petite annonce, il s'agit de rappeler dès le départ le bien-fondé du courrier en reprenant l'intitulé de la petite annonce pour que le lecteur sache immédiatement que l'on postule à cette offre...
Pourquoi je vous écris
La plupart des lettres ne comportent que deux des trois éléments du « Vous-Moi-Nous ». Le candidat reste muet sur l'entreprise (« Vous ») car il la connaît mal et n'a pas pris la peine de chercher des informations sur la structure. Et c'est regrettable car sa lettre donne l'impression qu'il démarche toutes les entreprises avec la même missive. Face à ce défaut, les recruteurs ont deux attitudes : soit le CV est intéressant et ils passent outre. Soit le CV n'a rien d'exaltant et comme la lettre ne le rattrape pas, le tout finira dans une corbeille.
« Vous » dans une réponse à une annonce
Il ne s'agit pas de cirer les pompes. Rappeler à une entreprise qu'elle est le « leader incontesté de l'aspirateur traîneau » n'a strictement aucun intérêt dans une lettre de motivation. L'entreprise est un peu au courant de ses performances et vous n'êtes pas un fin limier puisque la moitié de la planète détient déjà cette info... Il faut lui démontrer que sa performance économique vous intéresse pour une raison qui a un rapport direct avec votre métier.
Trucs et astuces pour ne pas se louper
La langue française est difficile même pour les francophones. Pour être sûr de votre fait, rien de mieux que de réviser les bases.
- Attention à ne pas accoler deux verbes qui n'appellent pas la même construction : « Assister et travailler en collaboration avec les équipes » est une tournure fautive. Deux solutions possibles : il faut supprimer l'un des deux verbes ; sinon, on peut accoler un complément au verbe « assister » (« Assister mon directeur »).
- Autre exemple de syntaxe incorrecte : « Méthodique, patient et organisé, mes qualités [...] ». Le début appelle une autre construction, par exemple : « Je suis méthodique [...], et mes qualités [...] ».
- Encore une construction à revoir : « Passionné par les médias et par les NTIC, mes différentes expériences [...] ». Il faut écrire « Passionné par les médias et par les NTIC, j'ai mené [...] ».
- Un grand classique de la formule de politesse bancale : « En espérant une réponse favorable de votre part, veuillez recevoir [...] » : la personne qui espère et celle qui reçoit ne sont pas les mêmes... Il faut donc construire cette phrase différemment : « En espérant [...], je vous prie d'agréer [...] ».
- Vérifiez toujours si chaque verbe possède un et un seul sujet : « Quinze ans de missions réussies dans l'humanitaire, je suis titulaire d'un DESS [...] ». Cette phrase est bancale car elle a deux sujets (« quinze ans de missions réussies » et plus loin « je ») pour un seul verbe. Il faut impérativement faire deux phrases : « Quinze ans de missions réussies [...] m'amènent à [...]. Je suis titulaire [...] ».
- Attention aux successions de verbe d'action à l'infinitif. Exemple : « j'ai été chargée de créer et animer des vitrines virtuelles, effectuer des recommandations e-marketing, traiter des commandes et fidéliser la clientèle, [...] ». Il faut répéter le « de » à chaque fois : « de créer et d'animer, de traiter, de fidéliser ».
3. Cinq trucs infaillibles pour être lu
Les recruteurs sont archi sollicités ? Raison de plus pour se démarquer avec une lettre / un mail de motivation béton ! Le problème, c'est que ces derniers sont bien souvent ennuyeux. Pour en finir une bonne fois pour toute avec les OVNI insipides, quelques règles simples d'écriture pour muscler ce sacro-saint courrier.
1 - Mail de motivation : soyez direct
Il faut rentrer rapidement dans le vif du sujet. Beaucoup pensent que trois ou quatre lignes de brosse à reluire sur l'entreprise convoitée sont nécessaires avant d'attaquer. Faux ! L'accroche de votre lettre de motivation doit être percutante : la première phrase est primordiale.
« Comme le relatait le Monde du 20 mars 2009, le groupe XYZ est en pointe dans le domaine des nouvelles technologies embarquées. M'intéressant particulièrement à ce sujet...»
« Vous souhaitez recruter un/e X pour renforcer votre pôle X, mes qualités professionnelles correspondent au profil que vous recherchez »
2 - Soignez le style de votre lettre
Pour être clair, il faut utiliser le style direct. Ecrivez des phrases courtes et claires. Répétez 10 fois avant d'écrire : « Au participe présent, je dis N(A)N ! » Ce précepte vous préservera des phrases alambiquées au profit d'un style fluide donc beaucoup plus lisible pour le recruteur. Votre lettre dégagera une énergie séduisante.
« Répondant en tout point aux qualités recherchées, je serais ravi(e) d'intégrer votre société »
« Ayant effectué un stage de neuf mois en salle de marché, j'aimerais enrichir mes connaissances au sein de votre entreprise... »
« Après 6 ans passés en tant que responsable logistique sur des sites à l'étranger, je souhaite me rapprocher de ma région d'origine, qui est celle de votre entreprise.»
« J'ai acquis chez X une expérience de chargé de veille stratégique durant neuf mois. Le poste que vous proposez me semble similaire et je pense correspondre au profil que vous recherchez. »
3 - Mail de motivation : quel vocabulaire?
Le torchon rédigé en quelques minutes pendant la pause déjeuner se repère tout de suite. Hé oui, rédiger une bonne lettre, ça prend du temps ! Parce que selon le poste visé, il y a certains mots à utiliser, un champ sémantique à faire figurer dans votre argumentation. Ainsi, vous parlerez le même langage que le recruteur. Commencez donc par réfléchir au vocabulaire récurrent de votre métier et distillez ces mots dans votre lettre.
Pour un job de chef de produit web, cela peut donner : « stratégie emailings, actions de marketing direct, coordination de projets, campagne de fidélisation, analyse comportementale des internautes, conception-rédaction, jeux-concours, actions de promotion.»
4 - La lettre n'est pas un CV
Ne sachant quoi dire dans leur lettre de motivation, trop de candidats répètent les étapes de leur CV. Pas malin ! La lettre de motivation doit être vue comme le truc en plus qui va permettre au recruteur de départager deux candidatures. Un bon CV, c'est bien. Mais un bon CV avec une lettre futée qui l'accompagne, c'est mieux. C'est dans la lettre que vous pouvez montrer que vous êtes aussi quelqu'un qui a une vision de son métier. Alors dites-le ! Parlez compétences techniques, polyvalence, capacité à encadrer, sens de l'organisation, méthode, efficacité.
« Capacité à encadrer, sens de l'organisation, méthode :
« A mon arrivée en 20XX dans l'entreprise ABC, j'ai souhaité réorganiser les méthodes de travail de mon service en concertation avec mes proches collaborateurs. Le nombre de réunions a été réduit de 15 % et les déjeuners professionnels ont été portés de 4 à 6 par mois. Le temps de travail a ainsi été rationalisé et le nombre de projets mis en œuvre a augmenté significativement. »
5 - Franco ! Anticipez l'entretien
A quoi sert une lettre de motivation ? A obtenir un entretien, pardi ! Ainsi, n'hésitez pas à interpeler le recruteur. Le poste vous intéresse mais après la lecture de l'annonce, vous vous posez des questions.
« Quels moyens seront mis en œuvre par l'entreprise pour réaliser les objectifs du poste ? » ou bien « Vous recherchez un profil plutôt senior et expérimenté me semble un facteur de stabilité dans une équipe. Qu'en pensez-vous ? »
Ajoutez enfin : « Je serais ravi(e) de pouvoir échanger avec vous sur ces questions. Pouvons-nous nous rencontrer? »
Sébastien Tranchant © Cadremploi.fr / avril 2013
4. Sept règles d’or pour réussir une candidature spontanée
La candidature spontanée est à la fois une grande liberté mais aussi une angoisse. Tout se joue dans les premières lignes qui doivent susciter l’intérêt immédiat du recruteur. Voici les règles à connaitre pour construire une lettre efficace. (Extraits du guide « Des lettres de motivation pour toutes les situations » - l’Express éditions).
Les principes de rédaction d’une candidature spontanée sont globalement les mêmes que ceux d’une réponse à une annonce, avec une nécessité plus grande encore d’accrocher l’attention du lecteur. Une lettre de candidature spontanée se doit aussi d’être plus personnalisée qu’une réponse à une annonce. Il est impératif de vous adresser à un interlocuteur en particulier : responsable du recrutement, des ressources humaines ou directement au directeur de l’entreprise pour les PME.
1. Faire passer un message
Un article dans la presse locale ou spécialisée, des petites annonces, une intervention dans un colloque… sont autant d’éléments que vous allez soigneusement conserver sur l’entreprise qui vous intéresse, afin de constituer une petite banque de données qui vous permettra de bien commencer votre lettre, grâce à une accroche précise et ciblée. N’expliquez pas toute cette démarche à l’employeur pour lui montrer que vous êtes un bon élève. Concentrez-vous sur le message que vous voulez faire passer.
2. Susciter l’intérêt
Une pré-enquête, même minime, permet le repérage de mots clés pour l’entreprise qui aidera votre candidature à passer le cap du premier regard du recruteur. Analysez ses types et ses modes de recrutement, tentez de connaître les diplômes et les profils qu’elle recherche pour pouvoir utiliser des termes qui lui « parlent ». Vous pouvez, dans ce cas, utiliser la première personne, car vous vous adressez quand même à l’entreprise avec des termes qui font référence à son besoin.
« Faites comme certaines marques qui envoient des offres commerciales dans les boîtes aux lettres. Quand elles écrivent : “Chère Mme ou M. Untel, c’est votre anniversaire et je vous envoie un petit cadeau”, elles ne précisent pas : “J’ai acheté le fichier avec vos coordonnées et votre date de naissance à telle ou telle société…” et c’est comme cela que je sais que vous êtes né le 25 juillet », explique Jean-Marc Legras, consultant au sein du cabinet JMLP à Caen.
« Peu importe la manière dont vous avez obtenu les informations. Tout comme le recruteur va essayer de susciter l’intérêt du candidat quand il fait paraître une annonce, ce dernier ne doit pas dévoiler tous ses secrets. S’il a une information, il ne doit pas dire comment il l’a eue. Je dirais même que quand il prouve qu’il a fait de “l’intelligence économique”, on peut le convoquer en entretien pour savoir comment il a obtenu telle ou telle information », continue Jean-Marc Legras.
3. Piquer la curiosité
D’autres recruteurs, dans des métiers qui exigent sans doute beaucoup de curiosité, comme les ressources humaines, aiment moins le message publicitaire que la manière dont le candidat personnalise l’information. « J’ai besoin que l’on me dise comment l’on m’a connu, explique Rémy Dréano, qui recrute des conseillers en bilans de compétences pour sa structure, le CLIP. Que ce soit à la suite de la lecture d’un article dans la presse, par Internet… C’est ma curiosité d’employeur. Bien entendu, si je représentais France Télécom, je ne me poserais pas cette question. Mais je recrute pour une petite structure ; je suis toujours flatté qu’une personne m’ait trouvé. Je n’ai pas besoin qu’elle me dise : “J’ai entendu parler en bien de votre structure”, qu’elle me fasse un blabla. Mais j’attends qu’en entrée en matière, elle m’explique comment elle m’a choisi. »
4. Créer un lien
La candidature spontanée comporte cependant un grand piège : celui de trop se justifier, en parlant une fois encore de soi. Ce réflexe se comprend : la personne qui va recevoir votre candidature va en effet se poser deux questions : « Qui est-il (elle ) ? », et : « Pourquoi ce choix ? » Le « jeu » va être de créer d’emblée un lien entre elle et vous, voire de lui forcer un peu la main pour qu’elle s’intéresse à vous ; elle n’attendra pas toujours la troisième phrase de votre lettre pour se faire une idée. Ce lien peut avoir été constitué par un contact téléphonique, de visu, par un site Internet, par une information sur un salon…
• Faire travailler la mémoire du recruteur • « Comme convenu suite à notre entretien téléphonique du (date), je vous adresse ma candidature. »
• Inverser la recommandation • « Votre entreprise m’a été vivement conseillé par M. X, qui a travaillé plus de dix ans au service commercial… »
• Montrer que vous vous êtes informé • « Votre entreprise était présente sur le salon de (thème) le (date) à (Ville). J’ai pu ainsi découvrir l’activité du service (untel), en relation avec mon expérience professionnelle (...) »
Le recrutement n’est de toute façon pas une science exacte, et le succès de votre candidature dépendra pour une bonne part de la personnalité du recruteur et de la méthode qu’il a choisi d’adopter. L’essentiel est de se retrouver dans l’une ou l’autre méthode, mais de créer une accroche assez attractive, comme le résume Nicolas Thébaut, responsable de l’association Tebopro, un réseau professionnel pour cadres demandeurs d’emploi. « Le plus important reste d’attirer assez l’attention pour obtenir un rendez-vous. Le but ne doit pas être, au moins dans un premier temps, d’argumenter ni de trop entrer dans les détails. »
5. Différencier les recruteurs
Imaginez : vous êtes le patron d’une PME de 50 personnes, vous recevez quelques dizaines de candidatures par an. Vous êtes le directeur des ressources humaines ou le responsable de recrutement d’une multinationale, votre entreprise reçoit quelques centaines de CV… par jour ! C’est sans doute dans la petite entreprise que votre lettre de motivation va être lue le plus attentivement. Le plus « humainement » aussi.
Dans les grands groupes, c’est souvent l’assistante de recrutement qui est chargée d’effectuer le premier tri, à partir de mots clés. L’expression de vos sentiments, de votre combativité, de ce que vous êtes au fond et êtes prêt à donner ne sera pas déterminante, au moins pour cette première sélection de candidature. Dans une PME, si. « J’aime qu’on s’adresse à moi, explique Brigitte Herbomez, P-DG de Wim-Bosman. Quand mon nom est indiqué sur l’en-tête de la lettre, c’est un plus indéniable. Je lis en parallèle le CV et la lettre de motivation, ils sont aussi importants l’un que l’autre. Mais la lettre doit me parler, m’expliquer ». Selon la taille de l’entreprise mais aussi son secteur, les mots ne doivent pas être les mêmes.
6. Respecter ses interlocuteurs
Avoir du respect pour les recruteurs, c’est d’abord avoir du respect pour soi-même. Et ne pas accepter de se vendre à tout le monde à n’importe quel prix. L’idée, même quand on adopte une démarche marketing, n’est pas de proposer un produit tout fait et prêt à l’emploi à une entreprise standardisée. Or… « Les lettres de motivation qui attirent notre attention parce qu’elles montrent un minimum d’intérêt pour notre société ne correspondent qu’à 10 % de celles que nous recevons, déplore François Gardebled, secrétaire général de Haas Extincteurs. C’est sans doute que l’on est souvent plus dans une dynamique de “demandeurs” d’emploi que de “chercheurs” d’emploi. Nous avons par exemple reçu une lettre reconnaissant notre expertise dans le domaine bancaire ! » Les employeurs ne demandent pas toujours l’impossible…
« La lettre de motivation doit être ciblée, précise également Jo Dréau, patron de la société Kerhis. Une lettre impersonnelle est pour moi un point négatif. On ne demande pas aux gens de connaître parfaitement l’entreprise, mais d’avoir eu la curiosité de regarder ce que nous faisons et d’en parler un minimum. Sur notre site Internet, ce que nous faisons est indiqué, c’est-à-dire l’informatique, de gestion, dans le domaine de l’agriculture. Ce sont des termes très clairs. Le candidat doit les faire ressortir, en indiquant par exemple : “Partenaire informatique privilégié des coopératives et des organisations de producteurs, Kerhis a retenu toute mon attention.” Ce courrier m’intéresse, je me dis que la personne s’est renseignée et a su percuter sur nos particularités. Si quelqu’un me parle de services aux clients, même sans parler d’agriculture, je serais également sensible. A contrario, si on m’écrit : “Vous êtes une entreprise dynamique, et je corresponds au profil recherché’’, ça me laissera assez froid. »
7. Trouver le « petit plus »
Ayez en tête que les PME représentent le plus important réservoir d’emplois en France, et que la mise en valeur de leur « rayonnement international », quand leurs activités sont essentiellement hexagonales, ont le don de les agacer. Intéressez toujours les employeurs, quelle que soit leur taille, par un élément qui les concerne et qui n’est pas si difficile à trouver.
Cette recommandation est valable quels que soient votre expérience et votre statut. Bruno Rendu, consultant chez Right Garon Bonvalot et qui accompagne des cadres dans leurs carrières, déplore souvent le manque de recherche des lettres. « Je trouve que dans la plupart d’entre elles, les gens se contentent de reprendre ce qu’il y a dans le CV. Il faudrait ajouter des informations liées à l’analyse que l’on a faite de l’entreprise, à la perception que l’on en a. Cela peut permettre de donner éventuellement quelques idées, quelques signes sur sa personnalité. »